4 retraités de la Roya jugés pour l’aide apportée aux migrants 1


Photo empruntée à l’article de Mathilde Frénois sur le site de « 20 minutes« 

Quatre habitants de la vallée de la Roya étaient jugés ce mardi pour aide à la circulation de personnes en situation irrégulière

  • La procureur de la République a requis 800 euros d’amende avec sursis.
  • Les quatre accusés ont reconnu les faits reprochés.

Dès leur interpellation, ils se sont surnommés « la brochette de papis-mamies ». Depuis, le mot est resté. Quatre mois après ce jour de janvier où ils ont tenté de faire éviter le barrage policier de Sospel à six migrants, quatre retraités se sont retrouvés, mardi, à la barre du tribunal correctionnel de Nice.

Les faits

Le 6 mai, suite à une dénonciation, deux véhicules sont interceptés par les gendarmes à Sospel. A leur bord, Daniel Oudin, Gérard Bonnet, René Dahon, Françoise Gogois et six migrants. « Il faisait froid, se rappelle René Dahon. Ces personnes étaient sous des tentes chez Cédric Herrou. Nous voulions les mettre à l’abri dans des hébergements de l’autre vallée. »
NdA : je me permets de souligner que c’est suite à une dénonciation que ces personnes ont été interpellées, cela doit éveiller de douloureux souvenirs à ceux d’entre nous qui ont un peu de mémoire…
Mais un barrage policier est positionné entre les deux vallées. Les quatre azuréens ont donc fait cheminer les migrants sur un sentier pour les récupérer de l’autre côté du contrôle, après l’avoir passé à vide. « Cette désobéissance s’est imposée à mes clients car il n’y avait pas d’autre moyen d’aider ces personnes, estime leur avocate Me Maeva Binimelis. Par la résistance, on protège la liberté. »

Le tribunal

Ne retenant que le délit d’aide à la circulation, la procureur de la République de Nice a requis 800 euros d’amende avec sursis.
Le jugement a été mis en délibéré au 23 juin après que leur avocate, Me Maeva Binimelis, a plaidé la relaxe au nom de l’immunité pénale prévue lorsque l’aide aux migrants ne donne lieu à « aucune autre contrepartie qu’un sourire ». « L’aide que ces quatre prévenus ont apportée était indispensable, ils ne pouvaient pas ne rien faire, il fallait poursuivre cet objectif de préserver la dignité d’êtres humains quelle que soit leur origine », a-t-elle déclaré, rappelant que le thermomètre affichait moins de zéro en montagne à l’époque, et que les six migrants transportés étaient abrités sous tente chez Cédric Herrou, un agriculteur bio des Alpes-Maritimes.

Quelques rappels

Rappelons :
– Que Pierre-Alain Mannoni a obtenu sa relaxe lors de son premier jugement, l’appel demandé par le procureur (quel acharnement !) aura lieu le 26 juin.
– Que Cédric Herrou a été condamné à 3.000 euros (!) d’amende avec sursis (on se demande encore le sens que peut avoir cette condamnation alors que toutes les personnes citées dans nos pages agissent non seulement bénévolement mais dépensent allègrement leurs propres deniers pour apporter leur aide aux réfugiés) ; l’appel se tiendra le 19 juin.
– Que Francesca Peirotti attend son jugement, actuellement en délibéré, pour le 19 mai.

Je vous invite à lire l’article paru sur le Monde du  17 février 2017 : les « délinquants solidaires » persistent et signent

Le préfet lui aussi condamné !

Rappelons que le tribunal administratif de Nice, saisi du cas d’une famille érythréenne empêchée de demander l’asile en France, a tranché vendredi 31 mars en faveur de ces migrants, estimant que le préfet des Alpes-Maritimes avait porté une « atteinte grave au droit d’asile ».
Les détails dans l’article paru sur le site de France 3 Régions.


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