Un affront au droit d’asile


Traduction de l’article publié par www.meltingpot.org le 7/2.2017
Merci à Maurizio pour son travail de traduction.

Accord Italie-Libye : affront au droit d’asile.

La énième démonstration de la volonté des leaders européens de tourner le dos aux refugiés.

LascateCIEntrare (LaissezNousEntrer)
Auteur : campagne LasciateCIEntrare (En italien)

LasciateCIEntrare condamne fermement la politique d’accords et de partenariats avec les Pays Tiers conduite par l’Europe et par la Gouvernement italien au mépris des valeurs fondatrices et fondamentales de l’U.E, au droit d’asile institué par les lois internationales et au devoir d’accueil établi dans notre Constitution.

En effet, l’Italie s’engage par un Mémorandum avec le Gouvernement libyen à fournir matériel et soutien, autant économique que militaire, à un Pays qui n’a pas ratifié les conventions les plus fondamentales en matière de droit d’asile et de respect des droits humains et qui soumet les personnes en fuite et piégées en Libye à des traitements inhumains et dégradants.

Actuellement, les migrants et refugiés qui se trouvent en Libye sont des centaines de milliers (plus de 300.000 selon l’OIM), la plupart étant retenus dans des centres qui ne respectent pas les standards établis par le droit international et ainsi obligés à vivre dans des conditions inhumaines, à la merci de violences et abus de toutes sortes des forces de l’ordre, des milices, des trafiquants et des réseaux criminels.

Ces centres sont définis par la même Commission Européenne comme « inacceptables et loin des standards du respect des droits de l’homme » et que l’Ambassade d’Allemagne a décrit « pire que les camps de concentration », en dénonçant exécutions, tortures et viols commis à l’intérieur.

Gabriella Guido (LasciateCIEntrare) : « l’Europe confie l’administration du droit d’asile à un pays qui, en réalité, ne le reconnait pas. La Libye, en effet, n’a jamais souscrit à la Convention de Genève sur les droits des Refugiés de 1951 » . Elle précise que « l’absence d’un système d’asile en Libye empêche les personnes en quête de protection internationale de voir leur demande examinée suivant des procédures équitables conformées au droit international des réfugiés.
Un mémorandum illégal, autant que honteux, signé avec un « acteur » politique qui n’est pas reconnu et qui ne gouverne pas encore le Pays tout entier. Les images des migrants bloqués par la marine libyenne et ramenés en arrière, qui comprennent femmes et bébés, sont les images qui un jour feront condamner l’Union Européenne pour crimes contre l’humanité ».

La Cour Européenne des Droits de l’Homme s’est déclarée en 2012 en condamnant l’Italie pour violation de l’interdiction de soumettre à la torture et à des traitements inhumains et dégradants, pour l’impossibilité au recours, pouur la violation de l’interdiction d’expulsions collectives et pour la violation du principe de non-refoulement.
L’accord Italie-Libye n’est donc que l’énième démonstration de la volonté des leaders européens de tourner le dos aux réfugiés.

Au point où nous en sommes, nous nous posons des questions :
– Est-ce qu’il y a vraiment une difference entre les murs de Trump et les navires militaires éuropéens ?

Il y a quelques jours, à La Valletta, s’est jouée la dernière comédie de l’Europe et de ses leaders politiques, qui critiquent à haute voix les dispositions des USA, mais qui vont faire pire.
Que l’Italie révoque immédiatement le mémorandum et arrête les rapatriements : empêcher les personnes de quitter des Pays qui ne sont pas sûrs ou les obliger à y retourner, équivaut à les condamner à mort.

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