Statistique Canada vient de dresser un portrait de l’évolution socio-économique des immigrés entrés au Canada alors qu’ils étaient enfants, soit avant d’avoir 14 ans. Une analyse fondée sur les déclarations de revenus des Canadiens produites pour l’année 2017.

Premier constat établi par le quotidien La Presse : si, en 2017, les immigrés âgés de 20 ans étaient légèrement moins nombreux sur le marché du travail que les Canadiens, la tendance s’inverse nettement pour les Canadiens d’adoption âgés de 30 ans. Les revenus annuels de ces derniers sont en effet de 12 % supérieurs à ceux des Canadiens de souche, soit 28 889 euros contre 25 730 euros. Autrement dit, commente le quotidien de Montréal,

ces enfants ont surmonté les contraintes liées à l’intégration, tant et si bien qu’à l’âge adulte ils gagnent davantage et finissent donc par contribuer plus aux revenus fiscaux des gouvernements que les natifs d’ici.”

Mais il y a plus, poursuit le journal sur la base des données officielles. Ces immigrés arrivés enfants au pays sont “beaucoup plus nombreux” à fréquenter les collèges et les universités que les jeunes nés sur le sol canadien :

Ce constat surprenant permet de nuancer d’autres études sur le sujet selon lesquelles les immigrants, dans leur ensemble, coûtent plus cher qu’ils ne rapportent à la terre d’accueil.”

Le Québec se démarque des autres provinces

En scrutant les données province par province, le journal montréalais se dit surpris de constater qu’au Québec ces immigrés arrivés lorsqu’ils étaient enfants n’arrivent pas “à rattraper ou à dépasser la rémunération des Québécois d’origine [âgés] entre 20 et 30 ans”, contrairement à ce qui est constaté dans les autres grandes provinces du pays, soit l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique.

La Presse se demande si le fait que, pour des questions linguistiques, “le Québec a des immigrés d’origines bien différentes de ceux du reste du Canada” pourrait contribuer à expliquer ce clivage.

Ce qui demeure sûr pour la seule province du pays à majorité francophone, conclut le journal, c’est que “les immigrés qui [y] ont grandi sont un peu moins nombreux qu’ailleurs à faire des études postsecondaires ou, du moins, à réclamer des déductions au fisc à ce sujet.”