Mise à l’abri des migrants : « Les gymnases ne sont pas des lieux appropriés »

Mise à l’abri des migrants : « Les gymnases ne sont pas des lieux appropriés »

Par Julia Pascual

Publié le 31 mars 2020 à 09h35 – Mis à jour le 01 avril 2020 à 12h44

Reportage

Le 24 mars, un campement de migrants a été évacué, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). 732 personnes qui ont été mises à l’abri dans des gymnases et des hôtels, dont la gestion a été confiée à des associations. Un reportage du photographe Augustin Le Gall dans un des gymnases dans le 19e arrondissement, géré par l’association Alteralia.

Ils sont parmi les plus précaires et, face à l’épidémie de Covid-19, la promiscuité et l’insalubrité qu’ils éprouvent au quotidien les exposent particulièrement aux risques de contamination. Le 24 mars, un campement de migrants a été évacué, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), et 732 personnes – des Afghans, Soudanais et Erythréens en majorité − ont été mises à l’abri. Si la moitié d’entre elles a pu être orientée vers des hôtels, l’autre moitié l’a été vers des gymnases en Ile-de-France.

Lors de cette évacuation, les autorités ont organisé un examen de la situation de santé des personnes. Médecins sans frontières (MSF) est notamment intervenue dans quatre gymnases et deux hôtels « pour faire du triage et de la détection de cas suspects, explique Corinne Torre, de l’ONG. On a passé en revue plus de 341 personnes ».

A l’issue de ces examens, une personne à risque présentant des symptômes a été transférée vers l’hôpital et 25 autres cas suspects ont été identifiés. Disposant de cinq tests, MSF a pu confirmer formellement deux contaminations au Covid-19. Ces personnes ont été admises dans des centres dits de desserrement, destinés à isoler des personnes sans abri atteintes du virus mais ne présentant pas de symptômes graves. Il en existe 40 sur le territoire, soit 1 300 places de confinement. A terme, le gouvernement prévoit d’en ouvrir 80 supplémentaires.

« Confinement compliqué »

« Nous avons immédiatement alerté sur le fait que les gymnases ne sont pas des lieux appropriés dès lors qu’on a des cas suspects », insiste Corinne Torre. « Je sais que l’Etat travaille à trouver des solutions d’hébergement plus adaptées, ce n’est pas fait pour durer », croit pour sa part Corinne Aubry, qui dirige, pour l’association Coallia, deux des gymnases ouverts en Seine-Saint-Denis à la suite de l’évacuation du campement d’Aubervilliers. « Ça se passe très bien », constate-t-elle. En ayant recours à des sociétés d’intérim et à une société de gardiennage, Coallia a déployé sur chaque site des agents de sécurité, des agents hôteliers ainsi que des travailleurs sociaux. Des masques, des gants et du gel hydroalcoolique sont mis à leur disposition.

« Il y a 2 mètres d’écart entre chaque lit, précise Mme Aubry. On prend la température des personnes tous les jours. Mais comme on est face à une population jeune, ils peuvent être asymptomatiques. »

Dans l’un des gymnases, le premier étage est réservé aux personnes qui présentent des symptômes sans gravité. Dans l’autre, « il n’y a qu’une seule salle, donc le confinement est plus compliqué. On a isolé deux personnes qui présentaient des symptômes dans les vestiaires. Une, testée positive, est finalement partie dans un centre dédié au Covid-19, détaille Mme Aubry. Ça reste compliqué ». « Tout le monde est en difficulté, considère Corinne Torre, de MSF. On nous sollicite pour mettre en place des protocoles sanitaires et les gens ont peur. »

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