Montgenèvre: des poussettes retrouvées sous la neige, les associations alertent sur la situation des migrants

Montgenèvre: des poussettes retrouvées sous la neige, les associations alertent sur la situation des migrants

Louis Chahuneau

Alors que les passages de migrants sont toujours plus importants à la frontière franco-italienne et que la neige tombe abondamment ces derniers jours, les associations d’aide aux migrants demandent des solutions d’hébergement d’urgence.

À Briançon, l’hiver ne s’est pas fait attendre. Si la neige tombait déjà sur les cols de Montgenèvre (1850m) et de l’Échelle (1762m), elle tombe maintenant sur Briançon, rendant la situation des migrants encore plus critique.

“On attend un gros refroidissement et des températures autour de -10°C dans la nuit de jeudi à vendredi”, annonce Pâquerette Forest, administratice de Refuges Solidaires contactée par BFMTV.com.

“Les bénévoles sont à bout de force puisqu’on est sur le pied de guerre depuis 10 jours (…) On ne sait pas ce qu’on va faire avec le temps qu’il va faire”, s’inquiétait au micro de BFM DICI Thomas Hulin, membre des Solidaires de Briançon, ce mercredi.

Deux femmes enceintes emmenées à l’hôpital

Malgré la fermeture provisoire du lieu d’hébergement d’urgence “Les Terrasses solidaires” pour saturation le 25 octobre, les traversées de migrants depuis l’Italie sont de plus en plus nombreuses ces derniers jours. Face à l’urgence, les bénévoles des associations comme “Tous Migrants” ont repris les maraudes en montagne depuis une semaine.

En début de semaine, une équipe de maraudeurs est tombée sur deux poussettes abandonnées dans la neige au niveau du col de Montgenère, à quelques centaines de mètres de la frontière. Les familles n’ont pas encore été retrouvées.

Dans la nuit de lundi à mardi, 50 migrants dont deux Afghanes enceintes, sont arrivés à Briançon, selon le communiqué de presse interassociatif publié ce mardi. Interpellées, les deux femmes ont été conduites à l’hôpital: “L’une était à deux doigts d’accoucher, l’autre était enceinte de huit mois”, raconte Pâquerette Forest qui participait à la maraude. De leur côté, les deux conjoints ont été refoulés en Italie… avant de repasser la frontière 24 heures plus tard.

Manque de places d’hébergement

A priori, les Terrasses Solidaires ne rouvriront pas tant que les négociations avec la préfecture n’aboutiront pas à la création de nouvelles places d’hébergement d’urgence.

En attendant, les associations improvisent. Plusieurs habitants ont spontanément décidé de loger une trentaine d’exilés chez eux, selon l’association Tous Migrants. Une soixantaine dort dans la salle paroissiale Sainte-Thérèse (25 places) mise à disposition par le diocèse, et dans les barnums installés à côté. Mais la situation est de moins en moins tenable.

“La logisitique est encore plus compliquée depuis qu’on a fermé Les Terrasses Solidaires”, explique Pâquerette Forest, entre la préparation des repas, la distribution de vêtements ou l’aide administrative et sanitaire. En effet, la préfecture “suspend les tests Covid-19 permettant aux exilés de poursuivre leur route”, explique le communiqué interassociatif. Sans test, seuls les TER sont accessibles pour les migrants.

Pour mettre la pression sur la préfecture et appeler à l’ouverture de nouvelles places d’hébergement d’urgence, les associations prévoient de se réunir mi-novembre à Briançon.

De son côté la préfecture des Hautes-Alpes rappelait fin octobre dans un communiqué avoir mis en place un Centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) équipé de 124 places à Gap et 60 à Briançon, ainsi qu’un Hébergement d’Urgence pour Demandeur d’Asile (HUDA) de 55 places à Gap.

Louis Chahuneau

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